Des points de soins primaires à Gaza
Les points médicaux forment le cœur du dispositif sanitaire de l’organisation à Gaza. Le dispositif est passé d’un point unique à Nuseirat à quatre points de soins — Nuseirat, Deir al-Balah, Mawasi et Khan Yunis — pleinement autofinancés par HuSoMe depuis octobre 2025.
D’octobre 2025 à janvier 2026, les quatre points ont réalisé 20 000 consultations auprès de 16 000 personnes différentes. Les femmes et les enfants en forment la majorité. L’offre comprend les consultations de médecine générale, les soins infirmiers, les pansements, la prise en charge des urgences, la santé sexuelle et reproductive assurée par un gynécologue-obstétricien, la prise en charge de la dénutrition et la dispensation gratuite de médicaments.
Les pathologies traitées sont dominées par les infections respiratoires, favorisées par la promiscuité dans les camps, les maladies cutanées et les pathologies gastro-intestinales. L’hypertension et le diabète représentent une part significative des consultations et posent un enjeu de continuité des soins dans un contexte d’approvisionnement instable. La couverture en médicaments a atteint environ 88 % des patients.
La formation du personnel médical
Afin de bien servir les patients, HuSoMe accorde une très grande importance à la formation du personnel médical. Ici, l’expert Dr J. Alhessi forme les médecins de nos quatre unités médicales.
Les maladies chroniques, un suivi qui ne peut pas s’interrompre
L’effondrement du système de santé n’a pas fait disparaître les pathologies qui existaient avant la guerre : il a retiré aux malades le suivi régulier dont elles dépendent. Une hypertension ou un diabète sans traitement continu ne se stabilise pas, il se complique.
D’octobre 2025 à janvier 2026, les points médicaux ont pris en charge 3 008 cas d’hypertension, 1 177 cas de diabète de type 2 et 674 cas de maladies cardiovasculaires. Ces prises en charge supposent un approvisionnement régulier en traitements, dans un contexte où il ne l’est pas.
Vaccination et dépistage de la malnutrition
La couverture vaccinale routinière s’est largement effondrée à Gaza depuis le début de la guerre. Des sessions de vaccination sont organisées dans deux des points médicaux, une journée par semaine, avec le ministère palestinien de la Santé et l’UNICEF.
Le dépistage de la malnutrition repose sur la mesure du périmètre brachial et sur la distribution d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi fournis par l’UNICEF. La famine déclarée en 2025 a rendu ce volet central : la dénutrition modérée qui touchait la majorité des enfants suivis est passée, à partir du mois de mars, au stade sévère.
D’octobre 2025 à janvier 2026, 1 841 enfants ont été dépistés sur l’ensemble des points médicaux. 113 d’entre eux présentaient une malnutrition aiguë, soit une prévalence de 6 % : 87 sous sa forme modérée, 26 sous sa forme sévère — celle qui engage le pronostic vital et impose une prise en charge immédiate.
Le dépistage des femmes enceintes et allaitantes
Le même dépistage est conduit auprès des femmes enceintes et allaitantes, par mesure du périmètre brachial : en deçà de 23 centimètres, la dénutrition est avérée.
Sur la même période, 393 femmes ont été dépistées et 77 cas détectés — une prévalence de 20 %, soit une femme sur cinq. Une mère dénutrie fait courir un risque à l’enfant qu’elle porte ou qu’elle allaite : ce dépistage est un acte de prévention pédiatrique autant que maternel.
La garde de nuit des urgences de l’hôpital Yafa
La pression sur les services d’urgences a atteint des niveaux inédits, et beaucoup d’hôpitaux ne peuvent plus assurer une couverture complète, en particulier en soirée.
Avec la Fondation Senabil et l’hôpital Yafa de Deir al-Balah, HuSoMe finance le fonctionnement du service des urgences pendant la garde de nuit, six jours par semaine. La contribution porte exclusivement sur les salaires de sept personnes : deux médecins urgentistes, trois infirmiers, un superviseur médical et un agent d’entretien. Les locaux, l’équipement et l’ambulance sont assumés par Senabil et par l’hôpital.
Le service prend en charge environ soixante-dix patients par nuit, soit 5 810 patients entre le 15 octobre et la fin de l’année 2025.
Le programme IBSAR, en Syrie
Dans les camps de déplacés de Deir ez-Zor et d’Ar-Raqqa, le programme IBSAR corrige l’acuité visuelle des enfants et des adultes. Une première phase expérimentale y avait identifié deux pathologies dominantes : la cataracte chez les adultes, le strabisme chez les enfants.
La deuxième édition, élargie aux deux villes, a permis 1 699 consultations et la distribution de 506 paires de lunettes. Une troisième édition est en préparation, avec des critères de sélection resserrés après le constat que certaines interventions chirurgicales ne bénéficiaient pas systématiquement à des personnes dans le besoin.

