Un système de santé effondré
Plus de deux millions de personnes dépendent de l’aide humanitaire pour leur survie. Le système de santé est en grande partie détruit et saturé. À partir de mars 2025, une famine s’est installée. Selon le bureau central palestinien des statistiques, plus de 39 000 enfants ont perdu un ou deux parents.
Les conditions opérationnelles ont été particulièrement difficiles : guerre active, fermeture complète des points de passage, restrictions sévères sur les transferts financiers.
Distribution d’eau potable
L’effondrement des réseaux publics rend l’accès à l’eau structurellement déficitaire. HuSoMe distribue 22 mètres cubes par jour, soit 22 000 litres, à plus de 1 000 familles — environ 5 500 personnes. La distribution couvre le nord, le centre et le sud de la bande.
Le projet a fonctionné sans interruption sur l’ensemble de l’année, d’abord avec HCDA, puis directement via l’association Senabil.
Points médicaux
Les points médicaux forment le cœur du dispositif sanitaire de l’organisation à Gaza. Le dispositif est passé d’un seul point de soins à Nuseirat à quatre points autofinancés — Nuseirat, Deir al-Balah, Mawasi et Khan Yunis. Chaque point a accueilli en moyenne cent patients par jour en 2025.
L’offre comprend les consultations de médecine générale, les soins infirmiers, les pansements, la prise en charge des urgences, la santé sexuelle et reproductive assurée par un gynécologue-obstétricien, la prise en charge de la dénutrition, la participation aux campagnes de vaccination et la dispensation gratuite de médicaments.
Les pathologies traitées sont dominées par les infections respiratoires, favorisées par la promiscuité dans les camps, les maladies cutanées et les pathologies gastro-intestinales. L’hypertension et le diabète représentent une part significative des consultations et posent un enjeu de continuité des soins. La couverture en médicaments a atteint environ 88 % des patients.
Deux services complémentaires y sont rattachés : la vaccination des enfants, à Nuseirat et Deir al-Balah, avec le ministère palestinien de la Santé et l’UNICEF ; et le dépistage de la malnutrition sur tous les points, par mesure du périmètre brachial et distribution d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi fournis par l’UNICEF.
La Maison des orphelins
Le projet répond à un phénomène devenu massif depuis octobre 2023 : l’apparition d’enfants seuls survivants, ayant perdu l’intégralité de leur famille proche. Ces enfants ont besoin d’un abri immédiat, mais aussi d’un suivi psychotraumatique, social, éducatif et médical sur le long terme.
Préparé à partir du 10 juillet 2025, le projet a accueilli ses premiers enfants le 1er août — moins d’un mois plus tard, en contexte de guerre, de famine et de fermeture des points de passage. La maison, située dans une zone relativement sûre d’al-Nuseirat, accueille 35 enfants.
Ils y bénéficient d’un hébergement sécurisé, de trois repas par jour, d’un suivi médical continu, d’un accompagnement par des assistantes maternelles formées au psychotraumatisme, d’un suivi éducatif et d’activités. L’équipe comprend une psychologue à temps plein et un avocat à mi-temps. La prise en charge complète d’un enfant représente environ 1 000 euros par mois.
« Une chose est certaine : jamais je n’accepterai de fermer l’orphelinat. »
— Pr Raphaël Pitti
Urgences de l’hôpital Yafa
La pression sur les services d’urgences a atteint des niveaux inédits, et beaucoup d’hôpitaux ne peuvent plus assurer une couverture complète, en particulier en soirée. Avec la Fondation Senabil et l’hôpital Yafa de Deir al-Balah, HuSoMe finance le fonctionnement du service des urgences pendant la garde de nuit, six jours par semaine.
La contribution porte exclusivement sur les salaires de sept personnes : deux médecins urgentistes, trois infirmiers, un superviseur médical et un agent d’entretien. Le service prend en charge environ soixante-dix patients par nuit.




