Des enfants seuls survivants
Depuis octobre 2023, un phénomène est devenu massif à Gaza : l’apparition d’enfants seuls survivants, c’est-à-dire ayant perdu l’intégralité de leur famille proche. Selon le bureau central palestinien des statistiques, plus de 39 000 enfants ont perdu un parent ou les deux.
Ces enfants ont besoin d’un abri immédiat. Ils ont aussi besoin, et pour des années, d’un suivi psychotraumatique, social, éducatif et médical. Les deux réponses sont indissociables : un toit sans accompagnement ne répare pas ce qu’ils ont vécu.
Ouverte en moins d’un mois
La préparation du projet a été lancée le 10 juillet 2025. Les premiers enfants ont été accueillis le 1er août, moins d’un mois plus tard — en contexte de guerre, de famine et de fermeture des points de passage. Cette rapidité de mise en œuvre constitue l’un des points forts opérationnels de l’année.
La maison, située dans une zone relativement sûre d’al-Nuseirat, accueille 35 enfants.
Ce que la maison offre
Les enfants y bénéficient d’un hébergement sécurisé, de trois repas par jour, d’un suivi médical continu et d’un accompagnement par des assistantes maternelles formées à la prise en charge du psychotraumatisme. S’y ajoutent un suivi éducatif et des activités — sport, sorties à la plage, animations.
L’équipe réunit des assistantes maternelles, des assistants sociaux, un coordinateur de projet, un responsable logistique, du personnel de service, des agents de sécurité, une psychologue à temps plein et un avocat à mi-temps.
La prise en charge complète d’un enfant représente environ 1 000 euros par mois.
« Une chose est certaine : jamais je n’accepterai de fermer l’orphelinat. »
— Pr Raphaël Pitti
Un engagement qui ne se referme pas
Le projet a connu deux phases : conduit avec HCDA du 10 juillet au 10 octobre 2025, il est passé ensuite à une mise en œuvre directe par HuSoMe, avec l’intermédiaire financier Abu Kweik.
C’est le projet le plus exigeant de l’organisation dans la durée. Les points médicaux relèvent d’une réponse de masse à une carence du système de santé ; la Maison des orphelins suit une logique inverse — un accompagnement individuel, pour des enfants dont personne d’autre ne répond, et pour des années.

