Un engagement fondateur
La Syrie est un terrain d’intervention de longue date pour HuSoMe. Raphaël Pitti y est intervenu à 38 reprises depuis 2011, parfois clandestinement, notamment lors du siège d’Alep. Cet engagement, mené aux côtés de médecins syriens et en lien avec l’UOSSM International, a contribué à structurer l’identité de l’organisation.
En 2023, l’organisation avait activé une cellule de crise en réponse au séisme qui a frappé la Turquie et la Syrie : distribution de nourriture et de tentes, soutien à la reconstruction des infrastructures, ravitaillement des hôpitaux.
Le programme IBSAR
« Le droit de voir est un droit à la vie. »
Le programme IBSAR vise à corriger l’acuité visuelle des enfants et des adultes des camps de déplacés des zones de Deir ez-Zor et d’Ar-Raqqa. Sa première phase, expérimentale, menée sur trois mois à Raqqa, a permis d’identifier deux pathologies prédominantes : la cataracte chez les adultes et le strabisme chez les enfants. Sur ce constat, une deuxième édition, élargie aux deux villes, a été conduite en 2025.
Le programme a permis 1 699 consultations et la distribution de 506 paires de lunettes. Le ratio d’une paire pour 3,4 consultations reflète une démarche prudente : une consultation peut conclure à une absence de besoin de correction, ou orienter vers une intervention chirurgicale.
Le bilan de cette deuxième édition a mis en évidence un dysfonctionnement : certaines interventions chirurgicales menées dans les hôpitaux ne concernaient pas systématiquement des personnes dans le besoin. Ce constat a conduit à un renforcement des critères de sélection pour la troisième phase, en préparation.
Congrès médical européen de Damas
Du 22 octobre au 2 novembre 2025, le Pr Pitti s’est rendu à Damas. Il a participé au premier Congrès médical européen-panarabe du 24 au 26 octobre, puis animé des ateliers dans plusieurs hôpitaux syriens. Cette participation a renforcé les liens institutionnels avec la communauté médicale syrienne.
Une population infantile en grande précarité
Les missions menées à Raqqa et Deir ez-Zor ont permis d’observer directement la situation des enfants. Les seuls camps couverts par HuSoMe accueillent environ 15 000 enfants. Une partie d’entre eux est contrainte de travailler dans le tri des déchets, ce qui les expose quotidiennement à des risques sanitaires majeurs.
L’absence de suivi médical, le manque d’accès à l’eau potable, des conditions d’hygiène très dégradées et la persistance d’épisodes de choléra aggravent leur vulnérabilité. Cette situation constitue l’une des principales raisons de la présence de HuSoMe dans la région.




