Témoignage poignant : survivre à Gaza sous les bombes

Témoignage d’un chargé de projet de HuSoMe à Gaza

L’armée israélienne a publié une nouvelle carte d’évacuation couvrant de vastes zones de Deir al-Balah, incluant les blocs : 130, 132, 134, 136, 139 et 2351.

Des dizaines de milliers d’habitants ont été sommés d’évacuer immédiatement… mais pour aller où ?

Les autorités d’occupation orientent les civils vers la zone dite “Al-Mawasi”, prétendument sécurisée, alors même que les bombardements et les exécutions y sont constants.

Aucun moyen de transport. Pas d’eau. Pas de nourriture. Pas d’abri. Aucune garantie de survie.

Les gens fuient à pied, sous l’œil des drones qui les traquent et tirent à leur guise.

Ils ne peuvent rien emporter. Il n’y a ni voitures ni chariots.

Ils ont faim, sont épuisés, au point que marcher devient une épreuve insurmontable.

Le mois dernier, beaucoup survivaient avec un seul repas par jour.

Aujourd’hui, certains ne mangent qu’un jour sur cinq.

Les marchés sont totalement vides. Aucune trace de nourriture.

Seuls les plus “chanceux” survivent en atteignant les zones de parachutage d’aide américaine, devenues de véritables pièges mortels.

Ces zones de distribution sont devenues des traquenards :

Peu en reviennent vivants.

Ceux qui survivent aujourd’hui ne survivront peut-être pas demain.

Tout le monde le sait : y aller, c’est peut-être dire adieu à la vie.

Je vis dans le bloc 129, juste à côté du bloc 130 qui doit être évacué.

Nous avons passé une nuit terrifiante sous les bombardements intenses, le vacarme des tanks et le rugissement des F-16.

Nous n’avons pas encore été sommés d’évacuer, mais nous vivons au bord du gouffre.

Nous ignorons quand viendra notre tour, et nous n’avons aucun moyen de fuir.

Nous vivons dans la chaleur de l’été, sans électricité, sans eau.

Nos corps sont maigres, vidés de toute énergie.

Même parcourir quelques mètres est devenu un supplice.

Ce n’est pas la vie que nous vivons, c’est une lente agonie.

On nous a dit que les parachutages d’aide humanitaire vont reprendre.

Mais nous savons déjà ce que cela signifie :

Des colis qui tombent sur des gens et les tuent.

Des maisons détruites. Des réservoirs d’eau pulvérisés. Des panneaux solaires — bien plus précieux que la nourriture — réduits en miettes.

Les garder intacts est mieux que n’importe quel paquet lancé du ciel.

Nous ne savons pas où aller… ni à qui nous plaindre.

Personne n’écoute nos cris.

Il n’y a pas d’échappatoire à la mort :

par les bombes, par la faim, ou par l’exode forcé.

Nous sommes suspendus entre la vie et la mort, dans un été implacable, sous un ciel sans pitié.